Elle dort sous le plancher du coffre depuis des années, personne ne pense à elle. Puis un soir de janvier, sur la 132, avec une crevaison par -20 °C, la roue de secours devient la pièce la plus importante de l'auto. Le problème : c'est souvent ce soir-là qu'on découvre qu'elle est à plat, ou pire, qu'elle n'existe pas. Avant que la neige arrive sur la rive-sud, voici la vérification qu'on oublie toujours.
Première question : avez-vous vraiment une roue de secours ?
Beaucoup d'autos récentes n'en ont plus. Les fabricants ont remplacé la roue de secours par une petite trousse de réparation avec compresseur et bouteille de scellant. La trousse répare une petite crevaison, mais pas un pneu déchiré, pas un flanc entaillé, pas une jante pliée dans un nid-de-poule gelé. Si votre véhicule est équipé d'une trousse, mieux vaut connaître ses limites avant l'hiver plutôt que de les découvrir en pleine tempête.
Et si vous avez une vraie roue de secours, sortez-la. Vous seriez surpris du nombre d'autos à Sainte-Catherine dont le plancher du coffre n'a jamais été soulevé depuis l'achat.
La pression, le piège numéro un
Une roue de secours compacte ne se gonfle pas comme les quatre autres. La plupart exigent 60 psi, environ le double d'un pneu normal. Une roue de secours qui traîne à 20 psi depuis trois ans va sembler correcte, puis s'écraser dès les premiers cent mètres. Et une roue de secours sous-gonflée à haute vitesse peut facilement causer une perte de contrôle.
Vérifiez la pression, réglez-la à la valeur inscrite sur la jante ou dans le manuel, et refaites la vérification à chaque changement de pneus. Ça prend deux minutes.
Le caoutchouc qui vieillit sans rouler
Une roue de secours qui n'a jamais servi s'use autrement : le caoutchouc vieillit. Regardez le flanc. Si vous voyez de fines craquelures, comme du plastique sec, le pneu est fini, même avec une profondeur de sculpture parfaite. Même règle que pour vos pneus d'hiver : le code DOT sur le flanc donne la date de fabrication, et au-delà de 10 ans, une roue de secours n'est plus fiable. Une gomme durcie glisse sur la neige et peut éclater sur l'autoroute.
Les outils qui vont avec
La roue ne suffit pas. Vérifiez que le cric et la clé à écrous sont bien là. Les crics qui restent des années sous le plancher rouillent, et un cric qui refuse de monter à -20 °C, ça existe. Tant qu'à y être, essayez la clé sur un écrou de roue. Si vos roues ont été serrées au pistolet pneumatique sans contrôle du couple, vous n'arriverez pas à les desserrer à la main. C'est un point qu'on corrige chez nous, en même temps que le serrage de vos pneus d'hiver.
Le test à faire une fois
Un dimanche avant la neige, faites l'exercice dans votre entrée : sortir la roue de secours, soulever un coin de l'auto, redescendre. Vous apprenez où tout se trouve, vous confirmez que le cric fonctionne, et le jour venu, vous ne découvrirez rien de nouveau à Mercier ou à Saint-Constant par moins 25.
Le bon moment, c'est maintenant
Votre rendez-vous de pneus d'hiver est l'occasion parfaite. L'auto est déjà sur le pont : on sort votre roue de secours, on vérifie la pression, le caoutchouc, les outils et le serrage au couple. Vous repartez avec une roue de secours fiable jusqu'au printemps.
Réservez votre changement de pneus et la vérification complète à www.jd-mecanique.com/rendez-vous. Les places de la mi-octobre sur la rive-sud partent vite, et le 1er décembre n'attend personne.

